jeudi, 03 septembre 2015 02:33

Migrations: l'Europe sous le choc après la photo d'un enfant mort noyé

Écrit par 

L'Europe, où les tensions montaient face à l'afflux de dizaines de milliers de réfugiés et de migrants, était sous le choc après la publication des photos du corps sur une plage turque d'un petit garçon mort noyé dans le naufrage de deux embarcations transportant des Syriens.

Ces bateaux étaient partis dans la nuit de mardi à mercredi de la ville côtière turque de Bodrum à destination de l'île grecque de Kos, l'un des plus courts passages maritimes entre la Turquie et l'Europe, lorsqu'ils ont chaviré, ont expliqué les garde-côtes turcs.

Rapidement prévenus par les cris des naufragés, les sauveteurs ont repêché 12 corps sans vie parmi lesquels celui d'Aylan Kurdi, âgé de 3 ans et dont le frère, Galip, 5 ans, a aussi péri dans le naufrage, selon des médias turcs.

Les photos des deux frères et du cadavre d'Aylan, tee-shirt rouge et short bleu, face contre terre, sur une des plages de la station balnéaire de Bodrum a envahi les réseaux sociaux sous le mot-clic KiyiyaVuranInsanlik («l'humanité échouée» en turc), qui est devenu l'un des mot-dièse les plus partagés sur Twitter.

Les images étaient aussi largement reprises par la presse européenne, y compris par des journaux qui avaient auparavant adopté une ligne dure sur la crise migratoire.

«Toute petite victime d'une tragédie humaine», titre ainsi jeudi le Daily Mail sur une photo montrant un policier turc portant le cadavre de l'enfant. «Insoutenable», juge de son côté The Mirror.

«Si ces images extraordinairement fortes d'un enfant syrien rejeté sur une plage ne modifient par l'attitude de l'Europe vis-à-vis des réfugiés, qu'est-ce qui le fera?», interroge The Independent.

En Italie, le quotidien La Repubblica a tweeté «La photo qui fait taire le monde», et en Espagne, El Pais en faisait le «symbole du drame migratoire», tandis qu'El Periodico titrait sur le «Naufrage de l'Europe».

«Certains disent que l'image est trop offensante pour être partagée en ligne ou imprimée dans nos journaux», écrit dans une tribune Peter Bouckaert, directeur pour les situations d'urgence de HRW. «Mais ce que je trouve offensant c'est que des corps d'enfants noyés viennent s'échouer sur nos rivages, alors que l'on aurait pu en faire plus pour leur sauver la vie», a-t-il ajouté expliquant avoir lui-même longtemps hésité avant de tweeter la photo du corps d'Aylan Kurdi.

Lu 126 fois Dernière modification le dimanche, 27 septembre 2015 06:51

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.