jeudi, 19 avril 2018 15:28

Décharge de Dar-es-salam : menacés de déguerpissement, les occupants ne savent pas où aller

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e ministre de la ville et de l’aménagement du territoire a sommé les occupants du site de la décharge de Dar-es-salam de quitter les lieux au plus tard début du mois de mai prochain. Un ultimatum qui intervient après la mort de 9 personnes à la suite d’un éboulement survenu l’année dernière.

Le conseil de quartier de Dar-es-salam a été reçu par le ministre Ibrahima Kourouma pour convaincre les occupants à libérer les lieux ‘’conformément à la mise en demeure datant déjà d’un an’’.

‘’On a répondu à l’appel du ministre qui nous a demandé de sensibiliser nos populations à quitter les lieux’’, explique Charles Damba, chef du quartier de Dar-es-salam 2, qui estime que contraindre les habitants à quitter les lieux sans aucune mesure d’accompagnement n’est pas une bonne option. ‘’On a demandé au ministre d’informer le président de la République de nous aider afin que les gens soient accompagnés’’, poursuit-il au micro de VisionGuinee.Un habitant, qui a perdu une partie de concession et trois membres de sa famille dans le drame du 22 août dernier, dit ne plus savoir à quel saint se vouer. ‘’On est très inquiets depuis qu’on a appris cette nouvelle. On ne nous a même pas prévenus. On nous demande de quitter comme si nous n’étions pas des guinéens’’, martèle Laouratou Barry.

‘’Nous vivons ici depuis 40 ans, tous nos enfants. On nous demande de quitter les lieux comme si c’est hier qu’on est venus. C’est ahurissant’’, ajoute cette veuve les yeux en larmes, rencontrée par VisionGuinee. ‘’On nous demande de quitter nos maisons, mais pour aller où ?’’, s’interroge Mme Barry.

Les mêmes inquiétudes se lisaient sur les visages des occupants de la décharge de Dar-es-salam qui demandent une assistance de l’Etat. ‘’Si on doit rester ici, que l’Etat nous aide à dégager cette montagne d’ordures. Si on veut qu’on parle, c’est simple, qu’on nous dédommage afin qu’on puisse construire ailleurs.’’, exige l’un des habitant en colère.Le ministre de la ville et de l’aménagement du territoire avait prévu de se rendre sur le terrain hier mercredi pour rencontrer les occupants. Une visite de terrain qui a été reportée sine die pour des raisons que nous ignorons pour l’heure.

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