mardi, 01 septembre 2015 01:57

Interview de Keyla K, celle qui ambitionne de révolutionner le rap guinéen-224

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La recette magique dans une entreprise est le travail et une bonne dose de baraka.

Le rap au féminin a enfin un visage en Guinée. De son vrai nom Kadiatou Conté, Keyla reconvertie en Keyla K pour les fans est une jeune rappeuse guinéenne de la vingtaine autrice compositrice du milieu Hip-Hop. Diplômée en communication, cette amoureuse de la musique urbaine et plus précisément du rap, peint le quotidien dans des lyrics engagés, révolutionnaires et attendrissants tout en frayant une nouvelle voie au rap "made in Guinea-224". Keyla K a su se forger une forte personnalité et sa volonté de se démarquer par sa créativité reste une qualité qui lui a toujours permis de relever plusieurs défis et surtout de se faire respecter par les ténors de la musique urbaine guinéenne. En pleine préparation de son 1er album dans le studio Nab Records, votre quotidien en ligne Guineenews est parti à sa rencontre pour votre plaisir. Lisez !

Guineenews : Faites-nous le sommaire de votre parcours scolaire et universitaire.

Keyla K : J’ai commencé mes études en Côte d’Ivoire pour ensuite me retrouver en Guinée pour faire le collège, le lycée à Mahatma Gandhi et j’y ai aussi fait mon cursus universitaire pour finalement décrocher une licence en communication. Un parcours satisfaisant mais je ne compte pas m’arrêter là (rire).

Guineenews : Une fille dans l’univers du Hip-Hop, quelle recette magique vous a permis de convaincre vos parents et comment comptez-vous vous y prendre pour mériter une place d’honneur ?

Keyla K : Mon papa est décédé depuis 2005 ; donc je vis avec ma maman qui sait qu’étant toute petite déjà, j’étais accro à la musique ; elle m’a soutenu dans mes projets musicaux tout en gardant un œil sur mon parcours scolaire et universitaire. Les gens pensent que le Hip-Hop est un domaine purement masculin et qu’il incite tout esprit le pratiquant aux vices mais je crois que le nœud du problème de cette conception est que les gens jugent le rappeur avant de l’avoir écouté et DIEU merci dans mon cas car ma maman est mon 1er fan et ma conseillère. Si je m’en sors dans ce milieu, c’est parce qu’elle est ma 1ère force et pour la conquête du cœur du public ainsi que pour marquer mon territoire, le travail que je vais présenter parlera à ma place mais ce qui reste sûr c’est que Keyla K ouvrira le verrou qui retiet prisonnier le rap du 224. La recette magique dans une entreprise est le travail et une bonne dose de baraka.

Guineenews : Quelle est votre source d’inspiration et qu’est-ce-qui vous a poussé à faire de la musique Rap ?

Keyla K : Je m’inspire de la nature, de toutes les réalités de la société qui me touchent de près ou de loin. Un artiste et surtout un rappeur doit être un haut-parleur pour faire entendre les cris de cœur du peuple ; donc, j’observe beaucoup ce qui se passe autour de moi. Je pouvais faire du R&B mais j’ai opté pour le rap afin d’extérioriser positivement ma colère et l’amertume qui agenouille certaines personnes. Le rap me permet de communiquer avec les autres et surtout de transmettre un message venant du cœur pour la conscience.

Guineenews : Le rap guinéen tend à disparaitre du marché du disque national, comment comptez-vous booster le style ?

Keyla K : C’est vrai que le rap a tendance à vivre dans la corbeille des mentalités guinéennes et cela me peine énormément. Or, c’est un genre qui est comme les autres et qui s’authentifie par la richesse du contenu des textes ; donc, je crois que la valorisation du rap guinéen est un vecteur de la conscientisation et de l’éducation de la jeunesse guinéenne. Pour le ramener à la vie, le flot que je forge et surtout les textes que je compose sonneront le glas de sa résurrection et pousseront les auditeurs à réécouter du rap car c’est une musique qui les ressemble. Une fille qui fait du rap est un autre format de l’équité. Ainsi, le rap du 224 n’est pas mort car mon cœur bat encore et d’autres poids lourds viendront après moi. Le combat, je le mène avec Izy agence qui me coach ainsi que le Studio Nab Record qui cuisine mes œuvres.

Guineenews : Que direz-vous aux artistes qui s’éclipsent des salles de classe et qui ne veulent vivre que de la musique mais aussi aux jeunes qui veulent avoir une carrière musicale ?

Keyla K : La musique va de pair avec le savoir ; donc, étudier, est un plus pour un artiste qui veut communiquer avec le monde et qui veut surtout se faire comprendre. Le cliché de vagabond qui suit les artistes vient en partie de ce comportement irresponsable en guillemets de certains parmi nous. Tout musicien ou tout artiste est avant tout un amoureux du savoir. Aux jeunes qui veulent se frayer un chemin dans la musique, je leur dirai d’avoir beaucoup de courage, d’être enthousiaste, de s’adonner au travail car il paie toujours et surtout d’avoir l’amour de la musique pour mieux vivre avec elle.

Guineenews : Quelles sont les perspectives ?

Keyla K : D’abord, nous travaillons sur la sortie prochaine d’un single pour la culture guinéenne qui sera suivie par son clip et j’ai prévu de mettre à la disposition du public 3 ou 4 singles qui annonceront la sortie de l’album dans les bacs.

Guineenews : Votre dernier mot pour les lecteurs qui vont vous découvrir et pour vos fans.

Keyla K : Je dirai aux lecteurs de Guinéenews et fans de la musique rap du 224 de ne pas l’enterrer car Keyla K arrive avec du lourd pour donner un second souffle de vie au rap guinéen et je remercie beaucoup mes fans pour le soutien et surtout pour l’attente. Un grand merci à Guineenews pour la richesse des informations et pour son combat pour la valorisation de la culture du 224.

Lu 146 fois Dernière modification le jeudi, 03 septembre 2015 02:23