jeudi, 27 août 2015 18:16

Sidya Touré plébiscité par l’UFR parle de la maladie des trois « i » dont souffre la Guinée

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Sidya Touré plébiscité par l’UFR parle de la maladie des trois « i » dont souffre la Guinée
« Notre pays est malade profondément, il souffre de la maladie des trois "i", l’incurie, l’irresponsabilité et l’incompétence »

L’Union des Forces Républicaines a investi samedi 22 août 2015 au palais du peuple de Conakry son candidat pour défendre désormais les couleurs du parti à l’élection présidentielle prévue le 11 octobre 2015. Cette investiture s’est déroulée dans une ambiance festive qui a connu la présence de plusieurs personnalités politiques du pays tout comme à l’extérieur, a-t-on constaté sur place.

C’est dans la salle du 2 octobre du Palais Peuple pleine comme un œuf, ainsi que son esplanade que le président de l’UFR Sidya Touré dans son discours d’investiture, a plaidé pour une union pour l’alternance 2015. « C’est avec un réel plaisir que je m’adresse à vous à l’occasion de cette convention nationale qui est un moment clé dans la vie de notre parti. Cet après-midi, je suis épris d’un sentiment partagé car, des Guinéens sont venus des quatre coins de la Guinée, représentatifs de notre nation et unis dans la diversité pour un but commun, le développement de la Guinée », a-t-il entamé.

Et de poursuivre : « notre pays est malade profondément, il souffre de la maladie des trois "i" : l’incurie, l’irresponsabilité et l’incompétence ; voilà la base du malheur de notre pays. Dans un véritable Etat de droit, le président de la République doit veiller à ce que l’Etat joue son rôle en créant des conditions de prospérité économique et faire en sorte que les droits et libertés soient respectés. Mais, au-delà du respect des droits de l’Homme, nous avons constaté ces dernières années, les manifestations autorisées par notre constitution ont été sauvagement réprimées. C’est pourquoi nous disons que nous sommes fatigués au prix de notre vie ».

imageSur le plan économique, martèle Sidya Touré, « qu’est-ce qu’on peut dire des cinq ans que nous venons de traverser. Un jeune leader vient de nous rappeler que nous sommes en récession, ce qui veut dire qu’au lieu de gagner de l’argent chaque jour, on en perd. Pire, notre pays ne crée plus de richesse par rapport à sa population. C’est pourquoi, quand les dirigeants nous parlent d’émergence, nous ne savons pas de quoi ils font allusion. Il n’y a pas d’émergence sans croissance forte qui est la création de la richesse, qui se fait par l’investissement, en passant par le commerce et la consommation. Si tout cela n’est pas réuni, on ne peut pas parler d’émergence », a-t-il enseigné et d’enchainer : « vous ne pourrez même pas créer de l’emploi, vous ne pouvez pas avoir des impôts ni des recettes douanières. Ce qui restera, est de fabriquer des monnaies et c’est ce qu’on fait en ce moment ».

Dans la même lancée, le leader de l’UFR a mentionné que les Guinéens ont besoin d’une candidature consensuelle qui pourra, précise-t-il les réunir. « On a fragilisé le tissu social, on a fait de notre débat politique, un débat communautaire. C’est la raison pour laquelle nous nous battons pour une candidature consensuelle qui puisse rassembler la totalité de nos compatriotes. Il ne faut pas se cacher la vérité, c’est une réalité socio-politique en Guinée que les gens tournent le dos complètement. Il faut faire en sorte que les Guinéens soient unis dans un cadre consensuel pour que nous puissions prendre une nouvelle direction », a-t-il indiqué.

Par ailleurs, Sidya Touré n’a pas hésité d’interpeller le gouvernement sur l’application de l’accord politique récemment signé qui, estime-t-il, est un gage pour la paix, la sécurité et la stabilité de notre pays. « Nous venons de signer un accord avec le gouvernement dans la perspective de l’élection présidentielle, notre principale occupation est de faire en sorte que les conditions posées soient respectées pour permettre à notre pays d’avoir plus de paix, de tranquillité, de stabilité pour que les investisseurs reviennent. Ces conditions sont fermes et j’estime que c’est le lieu de rappeler le gouvernement que le respect de cet engagement est un gage de la paix de la sécurité et la stabilité notre pays ».

Pour cette élection présidentielle, l’ancien premier ministre Sidya Touré est clair et précis : « il s’agit de présenter un homme face à son peuple, ce n’est pas une élection forcément des partis politiques. Nous avons vu un candidat minoritaire élu, j’ai vu mon ami IBK (président malien en exercice, NDRL) élu président de la République alors qu’il était le seul député de son parti. Yahi Boni a été élu au Bénin, alors qu’il n’y avait même pas de parti politique. Cela veut dire que c’est un moment de choix, et de réflexion de chacun de nos compatriotes. C’est le moment encore où on doit dire ce qu’on compte faire demain pour nous-mêmes et nos enfants avant de se demander quel va être l’avenir que je dois réserver pour mon pays. En ce moment, vous n’êtes plus Soussou, ni Malinké, ni Peulh et ni encore Forestier. Vous n’êtes que Guinéen », a détaillé Sidya Touré devant la foule.

Pour clore, le futur "président de la République" au lendemain de 2015 comme l’estiment ses militants, ses sympathisants et ses partisans, Sidya Touré a vivement remercié ses invités nationaux et internationaux qui, à ses yeux, ont participé à la réussite de sa cérémonie d’investiture. « Je remercie d’abord les partis alliés qui ont bien voulu s’associer à nous pour préparer notre candidature à la future élection présidentielle. Je voudrais encore remercier aussi les partis frères de l’opposition ainsi que l’honorable Jean Marie Doré du centre d’avoir assisté à notre cérémonie d’investiture. Je remercie aussi particulièrement les militants et les militantes qui sont venus de l’intérieur et de l’extérieur. Je remercie l’ancien ministre sénégalais Lamine Bah venu au nom de l’international libéral sans oublier le représentant de l’ancien président du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, également le représentant du réseau des libéraux de l’Afrique », a-t-il enfin conclu.

Lu 229 fois Dernière modification le jeudi, 03 septembre 2015 02:27