lundi, 04 novembre 2019 19:05

Une pensée vers mon frère Capitaine Sangban Kouyaté (Par Docteur Morissanda Kouyaté)

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Une pensée vers mon frère en ce 1er novembre, date anniversaire de la création de la vaillante armée guinéenne

 

Notre famille a pardonné mais elle n’oubliera jamais. Je pensais que quand un pays sacrifiait plusieurs de ses meilleurs fils, il pouvait en tirer des leçons qui lui éviteraient de recommencer. Malheureusement notre pays continue de répéter ses erreurs sous l’arbre de la division.

Moi je suis le pur produit de la révolution guinéenne qui m’a inculqué le sens de l’honneur, de la patrie et de la dignité dans l’indépendance. Je ne changerai jamais dans cette posture mais cela ne me fera jamais oublier que le premier fils de mon père le Capitaine Sangban Kouyaté est mort au camp Boiro sous la torture inhumaine.

Le vrai danger n’est pas ce qui s’est passé mais ce qui continue de sévir en mal destructeur. Après avoir perdu tous ces valeureux fils, nous devrions être le pays sage de l’Afrique qui donnerait des leçons de tolérance aux autres. Hélas! Tous les jours nous plongeons dans les ténèbres de l’ethnocentrisme qui se ramifie en « villagisme » en « famillisme ». C’est pourquoi je disais dans une de mes

interviews qu’il ne nous reste plus qu’à créer l’association des enfants de ma mère. Encore faudrait-il que cela soit possible, parce qu’il n’est pas exclu que le premier fils et le dernier ne s’entendent jamais.

Notre pays ressemble à une classe où tous les élèves ont 20 sur 20 dans toutes les matières mais qui échouent tous à l’examen de passage.

Le plus grave est la contamination des jeunes. Dieu condamnera ici-bas et dans l’au-delà tous ceux qui ont obscurci l’horizon pour les jeunes générations qui ont pourtant tout pour réussir.

Continuons notre lamentable exercice de division et de mensonges, mais pardon, laissons nos progénitures jouir d’un monde plein de bonheur.

Facebook, Twitter, YouTube, Instagram, WhatsApp… sont des outils de culture dans le monde ; ils deviennent des plateformes de violentes confrontations dans notre pays, révélant au passage le niveau exécrable des jeunes et de piètres cadres qui ne peuvent même pas écrire en lettres le montant de l’argent qu’ils ont volé impunément. Les jeunes que nous détruisons aujourd’hui cracheront sur nos tombes demain pour n’avoir pu les aider à conquérir un monde impitoyable. Ouf !

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