lundi, 04 novembre 2019 18:30

HALTE AUX MACHINATIONS, M.LE PRÉSIDENT par le Pr Lansinè KABA

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HALTE AUX MACHINATIONS, M.LE PRÉSIDENT par le Pr Lansinè KABA

 

M. le Président, vous venez de rentrer de votre voyage en Russie. Bonne arrivée. Vous retournez dans un pays, en émoi, vous le savez. Par conséquent, vous n’ignorez pas que ce séjour en Russie, quoi que vos conseillers disent, n’ était pas plus nécessaire que votre séjour de septembre au Texas. Il était inutile. Ce sont des déplacements coûteux et infructueux  pour l’État et la nation. De plus, le pays traverse une phase extraordinaire de son histoire depuis 1958.

Le « Navire national » guinéen chavire depuis un bon moment. Vous le savez, vos thuriféraires, affabulateurs et cupides, ne peuvent pas le cacher. Ce drame national se transforme chaque jour en une tragédie déplorable et catastrophique. Le « Commandant » qui oriente et dirige un bateau ne l’abandonne pas pour répondre à l’invitaion d’un autre capitaine, lui aussi, acharné à rehausser le prestige de son « Paquebot »! La bonne gouvernance requiert  de l’adresse et de la sagacité dans l’exercice des responsabilités. Votre régime manque bien de ces qualités, M. le Président, il faut se l’avouer.

Nul n’ignore que les services publics fonctionnent mal depuis des années . Tout va à la dérive au pays. Aussi, votre désir d’un troisième mandat est-il impossible. Pourquoi vous est-il difficile de respecter la loi? Votre intention de briguer un autre mandat se défend mal. L’intention crée l’épouvante. Le pays mérite bien mieux sous un commandement, considéré au départ éclairé et sage. Le projet correspond à la recherche et à l’imposition future d’une dictature! Ce projet répand la terreur de Kaloum aux fonds fins de la Forêt. Pour de bonnes raisons, tout le monde a raison de s’effrayer.   

Car, M. le Président, votre régime, celui du RPG, sème la souffrance morale et physique. Les signes, visibles un peu partout, ne trompent pas. Le fonctionnement de l’administration dérailla, depuis de longues années. Les populations de la capitale sont sorties en grand nombre en octobre; elles ont courageusement manifesté leur mécontentement face aux répressions des forces de l’ordre. Bien sûr, elles sont ainsi sorties par pure conviction patriotique, scandant, si les bombes lacrymogènes ne heurtaient pas, la libération immédiate de Doura Sanoh et de ses copaganons que votre sytème a fait arrêter arbitrairement.

M. le Président, vous savez que Cellou Dalein Diallo,Sidya Touré, Ousmane Kaba et bien des autres de l’opposition, et qui sont porteurs d’espoir pour des lendemains meilleurs, n’ont pas dépensé des milliards de FG pour faire sortir des milliers de protestataires en octobre. Votre gouvernement peut s’attendre à voir une foule encore plus formidable. Ces citoyennes et citoyens de diverses origines exigent la libération inconditionnelle des prisonniers mis dans vos geôles sans raison. Elles demandent aussi les corps des victimes des répressions policières de Conakry. Cette foule et les parents des victimes veulent recupérer et disposer, comme nos traditions le conseillent, des corps des victimes.

Lu 106 fois Dernière modification le vendredi, 08 novembre 2019 18:49

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