mercredi, 13 mars 2019 16:21

Kaporo rails intrigue : va-t-on déguerpir la SIG Madina ?

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On est vraiment tenté de politiser le cas Kaporo rails, au regard de la promptitude et l’esprit expéditif du pouvoir dans une circonscription pour l’essentiel UFDGiste, donc pro-Dalein, principal opposant d’Alpha Condé.

Sans aucune passion – ce qui est fait est déjà fait – ni manque de lucidité, force est de savoir que l’Etat avait bien à faire ailleurs, selon exactement ce qui a été toujours édicté : répertorier et récupérer le patrimoine au fur et à mesure que les besoins se font sentir, en étudiant les cas des déguerpis. Pour rappel, un racap avait été établi par l’Agent Judiciaire de l’Etat. Le document avait même été rendu public où des noms tels que Sydia et Dalein avaient été cités. L’un pour avoir occupé une maison à Dixinn et l’autre à la Minière. Dans ce document, on n’y a noté des biens dits issus du contentieux franco guinéen rentrant dans le patrimoine immobiliers de l’Etat, à Almamya, à Coleah, à Cité de l’Air, etc. Des biens dits sous séquestre aussi avaient été trouvés, notamment à Domino et Kaloum. La liste est loin d’être exhaustives. En lieu et place du déguerpissement de Kaporo rails, l’Etat, s’il était juste, aurait entamé tous ces cas de figure. Mais, il saute la SIG, pour l’essentiel RPGiste pour en finir avec des militants de l’UFDG. En suivant Alpha Condé depuis 8 ans, on se rend compte de sa hargne de revanche : «  Les ministres et les Premiers ministres qui vendent les maisons de l’Etat, on a vu ça nulle part sauf en Guinée. Tout ça, on va demander au peuple de Guinée. J’en n’ai marre que les gens parlent alors qu’ils ont été dirigeants dans ce pays-là et on a vu ce qu’ils ont fait. Alors, il faut que la jeunesse sache la vérité sur qui est qui. »

Par cette sortie, Alpha Condé dépoussière un vieux dossier lié notamment au patrimoine de l’Etat dont semblent se servir encore certains opposants qui se trouvent être d’anciens Premiers ministres. On le sait, la récupération des bien de l’Etat a fait rage au pays, à telle enseigne que l’Agent judiciaire de l’Etat avait été mis à contribution. Mais, après la présidentielle de 2015, plus rien. C’était comme si, le pouvoir voulait faire taire certains opposants. Depuis 2010 en effet, Alpha Condé chante et rumine. L’Etat va récupérer le patrimoine qui est le sien. Le président-opposant se complaît uniquement que dans les dénonciations, malgré qu’il dispose de tous les leviers pour changer la donne. Une démarche à laquelle tous les Guinéens se sont accommodés.

Selon le porte-parole du gouvernement d’alors, Albert Damantang Camara ‘’une évaluation en cours permet de prendre des décisions suivantes’’.

Extrait du communiqué: Dans le cas du patrimoine public cédé à un tiers ou à soi-même par des personnes physiques et des fonctionnaires en service au sein de l’administration ou du Gouvernement en violation de la déontologie et de l’éthique, cet acte de cession doit être annulé. Les personnes concernées seront  remboursées des montants payés lors de la transaction. Dans le cas du patrimoine immobilier bradé à des personnes physiques et aux sociétés privées, les contrats de cession ou de bail devront être examinés à des fins d’examen ou réévaluation financière. Une commission ad hoc sera mise en place pour l’examen diligent des dossiers en cause et le Gouvernement veillera à la préservation du bien public, à la transparence du processus engagé et au respect absolu du droit. Des instructions précises seront  données à toutes les administrations concernées par la présente décision. »

Albert Damantang Camara avait été mis à contribution pour narguer les leaders politiques et dénoncer ce qu’il appelle « des lobbies cachés qui œuvrent pour discréditer l’action du gouvernement. Parce que tout simplement ils savent que si l’action va jusqu’au bout ils seront forcément touchés. »

La récupération a tourné court. Pourtant, « Dans le cas du patrimoine public cédé à un tiers ou à soi-même par des personnes physiques et des fonctionnaires en service au sein de l’administration ou du Gouvernement en violation de la déontologie et de l’éthique, cet acte de cession doit être annulé. Les personnes concernées seront remboursées des montants payés lors de la transaction. Dans le cas du patrimoine immobilier bradé à des personnes physiques et aux sociétés privées, les contrats de cession ou de bail devront être examinés à des fins d’examen ou réévaluation financière. Une commission ad hoc sera mise en place pour l’examen diligent des dossiers en cause. »

On comprendra donc aisément que ce qui se passe en Guinée est une injustice, des mesures de destructions sélectives qui visent le fief de l’opposition. Pas étonnant que des Ministres et des responsables du parti au pouvoir déclarent publiquement que ces destructions sont insuffisantes et qu’il faudrait arrêter, juger et condamner les victimes à des peines lourdes pour s’être installés dans des zones réservées de l’Etat.

« Les habitants de Kaporo Rails ont au moins le mérite d’avoir construit par leurs propres moyens. Des cités entières appartenant à l’Etat depuis le temps colonial continuent d’être occupées par les privilégiés du régime PDG sans jamais être inquiétés. Il s’agit par exemple de la SIG-Madina, de Coleyah, de Camayenne et de la Minière. Pour ceux-là, vous avez l’état d’âme Monsieur le Président », peste un compatriote et homme politique.   

source kaba bachire. com
 
Lu 1097 fois Dernière modification le jeudi, 14 mars 2019 09:54

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