mercredi, 02 août 2017 13:44

Brésil: le sort du président Michel Temer entre les mains du Parlement

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Le Parlement brésilien doit voter ce mercredi 2 août pour renvoyer ou non le dossier du président Michel Temer, accusé de corruption, devant le Tribunal fédéral suprême. Celle-ci pourra ensuite l’inculper et entamer un processus de destitution demandé par le procureur général de la République. Mais le vote est incertain.

Trois scénarios sont possibles. Dans le premier, deux tiers des députés brésiliens votent en faveur du renvoi de Michel Temer devant le Tribunal fédéral suprême. Le président brésilien sera alors jugé pour avoir reçu l'équivalent de 140 000 euros de pots-de-vin de la part dalors qu’il était chef d'Etat.

Dans le deuxième, l'opposition ne parvient pas à rassembler cette majorité des deux tiers. Dans ce cas, l'affaire est classée, et Michel Temer obtient un nouveau répit. Même si sa cote de popularité est au plus bas (5 % !), le président a su tisser des alliances au cours des dernières semaines, suffisamment pour espérer rassembler les 172 voix requises pour bloquer toute destitution.

A la veille du vote en plénière, Michel Temer a reçu à déjeuner un groupe de députés proche du lobby agricole et des propriétaires terriens pour s’assurer de leur soutien. Des allègements de dette leur ont même été accordés. Et 11 ministres ont été renvoyés temporairement sur les bancs de la Chambre basse, juste le temps de voter en faveur du président.

On le voit, rien n’a été laissé au hasard. Ce qui amène à un troisième scénario où, de peur que l’affaire ne soit classée, l’opposition déciderait de boycotter le vote pour le reporter. Ce dernier n'est valable que si 342 parlementaires sont présents.  De quoi laisser au procureur général Rodrigo Janot le temps de trouver de nouvelles preuves pour convaincre les députés de la majorité.81 % des Brésiliens souhaitent que les députés votent le renvoi vers le TFS

Michel Temer est accusé de corruption passive, en raison de ses relations douteuses avec un homme d’affaires. Le parquet a présenté une accusation formelle contre lui. Comme le fait remarquer le politologue Gaspard Estrada, c’est la première fois qu’un président brésilien est officiellement accusé de tels griefs.

Le paradoxe, pointe notre correspondant Martin Bernard, c'est que le président navigue encore très bien dans les coulisses du pouvoir malgré son impopularité abyssale. Le chef de l'Etat du Brésil connait parfaitement l’establishment, puisqu’il a lui-même été président de la Chambre pendant plus de 10 ans.

L'ancien vice-président de Dilma Rousseff, qui a pris sa place après sa destitution l'an passé, a déjà réussi à infliger une défaite à ses adversaires en commission : un premier rapport en faveur de sa mise en accusation a eté rejeté, et un autre rapport favorable à sa cause a ensuite été adopté par les députés.

L’opposition reste divisée sur la stratégie à adopter. Selon un sondage de l’institut Ibope, 81 % des Brésiliens souhaitent que les députés votent le renvoi vers le Tribunal fédéral suprême. Sachant cela, certains députés craignent que leur éventuel boycott soit perçu par l’opinion publique comme un énième calcul politique.

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