vendredi, 15 mars 2019 22:03

Kipé 2: L’Etat poursuit les opérations, les avocats des victimes dénoncent

Écrit par 

Contre toute attente, le gouvernement guinéen poursuit les opérations de démolition de Kipé, après Kaporo-rail. Une situation qui allonge la liste des sans abris, avec une crise humanitaire sans précédente.

  Malgré tout, le gouvernement passe à l’offensive et appelle à la poursuite des opérations de démolition des bâtiments où des milliers de familles sont concernées.

Le sujet était à l’ordre du jour du Conseil des ministres du jeudi 14 mars 2019.A cours des débats, rapporte le porte-parole du Gouvernement, « Le Ministre de la Ville et de l’Aménagement du Territoire qui a informé du bon déroulement de l’opération de déguerpissement et de récupération des domaines de l’Etat en cours à Conakry a salué l’attitude responsable des agents en uniforme, qui, sans heurts ni brutalité, s’acquittent honorablement de leur mission. »

A la lumière de cette explication qui a suscité des questions et commentaires, le Conseil a formulé les recommandé: « la poursuite de l’opération de déguerpissement à Kaporo Rails ainsi que dans toutes les zones concernées par le programme de récupération des domaines spoliés de l’Etat, dans le strict respect des droits des personnes à déguerpir ;

l’observation du principe d’équité dans la conduite de l’opération de déguerpissement assorti de délai de préavis suffisant ;

l’établissement et la publication d’un programme de déguerpissement à court, moyen et long terme assorti d’un plan d’occupation des zones libérées ;

la publication de la liste des réserves foncières de l’Etat et de leur plan de sécurisation ;

l’identification de tous les agents publics des administrations centrales, déconcentrées et décentralisée responsables de la vente illégale des domaines de l’Etat et l’application à leur encontre de sanctions disciplinaires sans préjudice de poursuites judiciaires. ».

De son côté, le collectif des avocats des victimes regrettent de constater que l’Etat passe à l’offensive, sans attendre la décision de justice, après  l’appel interjeté à la Cour d’appel de Conakry.

« A ce jour, le dossier doit être examiné par la Cour d’appel de Conakry. Malheureusement et contre toute attente, nous venons de constater que le ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, en violation de toutes les règles de procédure, a entamé la démolition des constructions de nos clients. Donc, c’est une violation de la loi et des règles de procédure. C’est regrettable et désolant ce qui se passe sur les lieux. La plupart des bâtiments, à ce jour, ont été démolis », regrette Me Gadiri Diallo, membre du collectif des avocats des victimes.

Selon cet avocat, le décret 211 du 23 décembre 1989 créant cette zone foncière de l’Etat souffre lui-même de beaucoup d’incohérence.

Dans une décision de justice rendue récemment par le tribunal de première instance de Dixinn, les occupants de la zone ont été sommés de payer à l’Etat guinéen, une somme de 500 000 000 FG au titre de dommages et intérêts à payer à l’Etat.

Une décision qui ne milite pas en faveur des victimes, dont la plupart ont été recasés par le même Etat, sur cette zone, après le déguerpissement des occupants de la cité Médecins de Kipé.

source kaba bachire. com
 
Lu 20 fois Dernière modification le lundi, 18 mars 2019 19:26

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.